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Retour du mot «Royal»: le gouvernement Harper craignait la réaction des Québécois

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Joël-Denis Bellavance
La Presse
Publié le 13 avril 2012 à 05h00


Le ministre des Anciens Combattants Steven Blaney avait fait l'annonce au Québec du retour du mot « Royal » au sein des Forces canadiennes en soutenant que l'objectif était de valoriser les traditions militaires du pays.
Photo : Chris Wattie, Reuters



(Ottawa) Le ministère de la Défense craignait que la décision du gouvernement Harper de rétablir le mot «royal» dans les Forces armées canadiennes l'an dernier ne provoque un ressac au Québec et chez les francophones.

La crainte était telle que des employés du ministère de la Défense ont rédigé des réponses à l'intention du ministre Peter MacKay et de ses collègues du cabinet chargés de faire l'annonce de cette nouvelle mesure dans certaines régions du pays, le 16 août dernier.

Le but de ces réponses était de tuer dans l'oeuf toute controverse entourant la décision de rétablir les désignations historiques de la Marine royale canadienne, de l'Aviation royale canadienne et de l'Armée canadienne. Au Québec, les liens entre le Canada et la couronne britannique ont souvent soulevé la controverse.

Ainsi, on a notamment proposé aux ministres de rappeler à ceux qui pourraient contester cette décision qu'un des régiments les plus connus du Québec, voire du pays, s'appelle le Royal 22e Régiment de Québec. «Quelle réaction attendez-vous du Québec et d'autres communautés francophones?», peut-on lire dans la note au ministre MacKay contenant des questions et des réponses.

«Nous espérons que tous les Canadiens reconnaîtront l'histoire glorieuse de la Force aérienne. Les noms actuels de certains régiments des Forces canadiennes qui portent le nom "royal" jouissent déjà d'une large acceptation, comme par exemple le Royal 22e Régiment, de Québec, tout comme les noms des navires qui portent les lettres NCSM (Navire canadien de Sa Majesté)», écrit-on au ministre.

«Nous espérons que tous les Canadiens verront du même oeil l'adoption de l'appellation Aviation royale du Canada», ajoute-t-on.

La décision de rétablir le mot «royal» dans les désignations de la marine et de l'aviation canadienne a en effet fait sourciller au Québec. Le président de l'Association des anciens combattants du Royal 22e Régiment, Elphège Renaud, a critiqué cette décision. «L'aviation royale, c'est l'aviation d'Angleterre. Je n'ai rien contre la royauté. Ils ne me font ni de bien ni de mal. Mais de là à avoir ça dans les noms des unités militaires...», a-t-il notamment déclaré.

Le Bloc québécois a quant à lui accusé le gouvernement Harper de vouloir «raviver les liens entre le gouvernement canadien et la monarchie britannique».

Le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, qui a fait l'annonce à Québec au nom du gouvernement Harper, a soutenu que ce changement visait d'abord à valoriser les traditions militaires du pays. Mais il a ajouté du même souffle: «Nous sommes une monarchie constitutionnelle depuis près de 150 ans, donc il est temps qu'on s'assume, qu'on fasse les grands garçons et qu'on assume ce qu'on est.»

Le gouvernement libéral de Pierre Trudeau avait abandonné le terme «royal» en 1968 quand il avait fusionné les trois branches de l'armée pour la baptiser Forces canadiennes. Mais certaines unités avaient conservé l'épithète en question, notamment le Royal 22e Régiment, basé à Valcartier.


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